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Sandra Belaskie, guide en tourisme d’aventure et écotourisme
Une chose est sûre, Sandra Belaskie est loin d’avoir le vertige. Son père la retrouvait souvent sur les toits des maisons d’où elle sautait dans la neige folle. À l’époque, cette jeune femme originaire de Malartic en Abitibi était probablement loin de s’imaginer qu’elle passerait ses journées en plein cœur des chutes Jean-Larose, au pied du mont Sainte-Anne. Fanatique de l’eau, elle y guide des activités de canyoning tout l’été, un sport apparenté à la spéléologie et visant à suivre la voie naturelle d’un cours d’eau. L’hiver, c’est en traîneau à chiens qu’elle explore les forêts du Québec. Son défi : transmettre sa passion pour les sports de plein air et faire en sorte que les gens qu’elle accompagne vivent la meilleure expérience possible.

Poste : |
Guide de canyoning |
Employeur : |
Canyoning Québec |
Localisation : |
Beaupré, mont Sainte-Anne (Capitale-Nationale) |
Fonctions : |
Planifier l’activité et préparer l’équipement en vue de la sortie; aider les clients à ajuster l’équipement; enseigner les techniques de canyoning et expliquer les règles à suivre afin que les participants soient le plus à l’aise possible dans l’activité; informer la clientèle sur les risques encourus en milieu naturel; dégager le parcours de tout obstacle; superviser et assurer la sécurité des clients à travers le parcours; faire un peu d’interprétation de la nature si le contexte le permet. |

« Personne n’a jamais écrit comment descendre une rivière, c’est un nouveau défi que tu te lances chaque fois. »
Champs d’intérêt
Ce que Sandra apprécie le plus de son métier de guide, ce sont les nombreux défis qu’il lui permet de relever. « Personne n’a jamais écrit comment descendre une rivière, c’est un nouveau défi que tu te lances chaque fois. Il est toujours possible de trouver de nouvelles façons de faire une même activité ou un même parcours », précise-t-elle. « Au Québec, on a la chance d’avoir quatre saisons et les activités changent : je peux donc me bâtir une expérience solide et diversifiée dans plusieurs lieux et auprès de différents employeurs », ajoute celle qui aime ce train de vie peu routinier.
« J’ai toujours aimé voyager, être en lien avec la nature, pêcher et marcher en forêt, mais je voulais aller plus loin, toujours me perfectionner dans ces domaines-là et partager avec les autres ce que je sais », confie-t-elle avec détermination. Toutefois, Sandra reconnaît qu’elle exerce un métier où les emplois sont généralement saisonniers. « Il est important d’aimer ce qu’on fait, car il y a très peu de sécurité d’emploi. Il faut être créatif, trouver de nouvelles idées, être quelqu’un de passionné qui a toujours plusieurs projets en tête et essayer de toucher à toutes sortes de choses. »
Qualités recherchées
Selon Sandra, les qualités essentielles d’un bon guide sont la ponctualité, la polyvalence et la prévoyance. « Je dois être capable de tout envisager à l’avance. J’ouvre le parcours et je le nettoie. Je préviens tous les dangers potentiels. C’est nous qui gérons les risques, les clients sont là pour s’amuser! » Pour être à l’aise dans ce métier, il faut aussi être sociable et aimer communiquer. « Il est important d’être motivé, de parler de manière à ce que les gens ne se rendent pas compte qu’on leur donne de l’information. On n’est pas à l’école, les gens veulent se sentir en vacances. On doit aussi les écouter, répondre à leurs besoins et les rassurer lorsque c’est nécessaire », précise Sandra.
« Le guide est aussi une personne manuelle et en excellente forme physique. Il faut savoir s’adapter à tous les contextes et faire preuve de débrouillardise. Le guide ne peut pas se permettre d’avoir peur des hauteurs, du sang ou de se mouiller. Il faut avoir le cœur solide pour faire ce métier-là et faire preuve de leadership lorsqu’on fait face à une situation d’urgence », confirme-t-elle.
Formation
Lorsqu’elle a commencé ses études en tourisme d’aventure et écotourisme, Sandra ne savait pas exactement dans quoi elle s’embarquait. Elle avoue que la formation intensive offerte par le collège Mérici n’a pas été de tout repos. « Pour préparer mon retour aux études, je me suis remise en forme et j’ai tout mis en oeuvre pour réussir », confie Sandra. Elle a d’ailleurs eu la chance d’être parrainée par Emploi-Québec pour son retour aux études, ce qui a allégé le fardeau financier des frais de scolarité dans un établissement privé.
« La formation m’a permis de me construire une base solide sur laquelle je peux bâtir mon expérience », mentionne-t-elle. Plusieurs expéditions sont prévues au programme. « On y apprend à organiser une expédition avec un minimum de matériel et comment préparer nos rations. On y acquiert aussi des bases pour l’interprétation du milieu naturel et une solide formation en secourisme », ajoute-t-elle. C’est d’ailleurs dans le cadre de sa formation que Sandra a rencontré son employeur actuel, lors de conférences données par des entrepreneurs qui partageaient leur expérience en tant que gestionnaire d’une entreprise dans le domaine du tourisme d’aventure.
Par contre, la formation d’un guide n’est jamais terminée. « Il faut constamment se renouveler. Ça fait partie de notre travail de pratiquer nos techniques de sauvetage et de maintenir nos certifications à jour », explique Sandra. Pour être autorisée à guider en canyoning, elle a aussi fait une formation en progression autonome sécuritaire en canyon équipé et a dû prouver qu’elle avait ses « 40 heures Sirius », une formation de secourisme avancé en régions isolées. Cette formation deviendra d’ailleurs obligatoire dans le milieu du plein air québécois au cours des prochaines années.
Horaire et milieu de travail
Un guide travaille généralement sur appel, à la journée, en fonction de la demande des clients. En expédition, les horaires sont très variables. « On ne sait jamais vraiment à quelle heure va commencer ou se terminer la journée, mais l’important, c’est que le guide soit à l’heure. C’est très important pour être bien préparé et faire en sorte que les clients aient confiance en nous. C’est aussi une marque de respect pour l’image de la compagnie pour laquelle on travaille. »
En canyoning, on pourrait penser que le travail est répétitif étant donné que l’activité se termine en l’espace de quelques heures, mais Sandra affirme tout le contraire : « C’est certain que tous les jours, c’est un peu la même routine, mais chaque parcours et chaque groupe nous réserve ses surprises. » De plus, Sandra raffole de son emploi de guide de canyoning, car il lui permet de découvrir différents milieux naturels et d’être dans un lieu où personne ne peut aller sans équipement. Elle admet toutefois être soumise aux conditions climatiques, le canyoning nécessitant des conditions particulièrement favorables pour être pratiqué.
Rémunération
Le salaire dépend des employeurs et de l’expérience du guide. Un guide est généralement payé à la sortie ou à la journée, pour un salaire de 80 $ à 150 $ par jour. Les salaires peuvent aussi être plus élevés. « Les guides les plus expérimentés mettront souvent moins de temps à accomplir une même activité, ce qui permet un équilibre dans les salaires. De plus, il n’est pas rare que le guide reçoive un bon pourboire à la fin de son activité ou de son voyage. Il est important de ne pas le faire uniquement pour l’argent, car c’est un métier qu’on fait par passion! », renchérit Sandra.
Par contre, « il arrive parfois que le guide soit payé selon un taux horaire, qui varie généralement entre 10 $ et 15 $ l’heure ». Sandra avoue avoir trouvé des conditions de travail très avantageuses. « J’ai une bonne place. Canyoning Québec m’a offert 13 $ l’heure pour commencer et mon salaire devrait augmenter au fur et à mesure que j’accumulerai de l’expérience. » De plus, son employeur assume en grande partie ses frais de déplacement.
Selon Sandra, les saisons plus creuses du printemps et de l’automne peuvent présenter un avantage comme un inconvénient. Certains auront recours à l’Assurance-emploi et d’autres se trouveront un emploi à temps partiel, souvent dans les boutiques d’équipement de plein air. « Comme on a toujours besoin de matériel, qui coûte relativement cher, on y retrouve plusieurs guides, selon les saisons. » Comme elle veut « voyager, bouger et vivre différentes expériences », Sandra profite de la basse saison pour se maintenir en forme et développer des compétences connexes au métier, notamment en réparation d’équipement de plein air.
Défis et perspectives
On peut s’attendre à ce que la formation et la profession de guide d’aventure et d’écotourisme soient de plus en plus reconnues. Un programme de reconnaissance professionnelle « émérite », encadré par le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT), a d’ailleurs vu le jour et s’impose de plus en plus comme un incontournable dans l’industrie du plein air. Par ailleurs, depuis quelques années, l’amélioration constante de l’équipement ne peut que contribuer à sécuriser le travail des guides. Enfin, une philosophie visant le respect de l’environnement, le « sans trace », semble rejoindre de plus en plus d’adeptes dans le domaine du plein air. C’est dans cette optique que Canyoning Québec, l’organisme pour lequel travaille Sandra, tente de conserver le milieu le plus naturel et le plus intact possible dans les sites où se déroulent ses activités.
Selon Sandra, les possibilités d’emploi pour les guides diplômés sont prometteuses. « Ceux qui disent qu’il n’y a pas d’emploi ne cherchent pas assez fort. Il faut par contre s’y prendre tôt et voir venir la fin de la saison », confie-t-elle. À peine sortie de l’école, Sandra a la tête pleine de projets. « Je commence en bas de l’échelle et je monte tranquillement. Je veux être solide! » Elle rêve de mettre un jour sur pied un centre nature où les jeunes de sa région natale, l’Abitibi, pourraient vivre des aventures en plein air. À plus court terme, elle envisage aussi la possibilité de voyager et d’aller travailler pour la NOLS (National Outdoor Leadership School), une école de plein air américaine très réputée.
Conseils
« La personne qui désire faire ce métier doit avoir conscience qu’il ne s’agit pas d’une activité de fin de semaine. Il faut se demander si on veut seulement apprendre l’activité ou si on veut la montrer aux autres, toujours répéter la même activité, toute la saison, cinq jours par semaine, et ce, avec passion! Il faut expliquer aux gens comment fonctionne le parcours avant de partir et ça représente beaucoup de responsabilités à assumer. Avant de décider si on a vraiment envie d’être guide, c’est important de faire des activités qui sont guidées pour voir ce que ça représente et de poser des questions au guide pour savoir ce qu’il doit faire », souligne Sandra. Aux mordus, elle suggère de foncer et d’être bien préparés!
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