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Frédéric Asselin, agent de développement écotouristique
Lorsque Frédéric Asselin parle de la vallée Bras-du-Nord, il devient soudain rêveur. On sent bien l’amateur de plein air en ce jeune homme qui n’a pas peur de faire face aux réalités du métier. Chargé d’assurer le développement récréotouristique de la vallée, son métier d’agent de développement écotouristique concilie tous ses intérêts. Presque aussi à l’aise devant le clavier que dans ses bottes de marche, c’est tout de même lorsqu’il perd le nord et frôle de s’égarer en forêt qu’il découvre les endroits les plus magiques de la vallée. Ce sont ces lieux féeriques qu’il tentera de rendre accessibles au regard des randonneurs. Son défi ultime? Faire en sorte que les activités de la coopérative pour laquelle il travaille soient rentables et durables.

Poste : |
Directeur général |
Employeur : |
Coopérative Vallée Bras-du-Nord |
Localisation : |
Saint-Raymond |
Fonctions : |
Gérer, pour la municipalité de Saint-Raymond, le développement récréotouristique essentiellement axé sur le développement pédestre, équestre, des refuges et de l’hébergement dans la vallée Bras-du-Nord, un territoire principalement composé de terres publiques; développer la coopérative en collaboration avec ses membres et partenaires; développer de nouveaux projets; rechercher des subventions et des partenaires; faire le suivi des projets sur le terrain. |

« Ce que j’aime, c’est d’avoir une idée et de pouvoir la mener jusqu’au bout. »
Champs d’intérêt
C’est avant tout l’aspect création du métier qui fait bondir Frédéric hors du lit le matin. « Ce que j’aime, c’est d’avoir une idée et pouvoir la mener jusqu’au bout, jusqu’à ce que le client vienne et me dise : “Wow, c’est beau!” J’ai aussi un petit côté intervenant là-dedans, car on aide vraiment les jeunes de la région avec le programme Connexion compétence en réinsertion socioprofessionnelle. Ces jeunes adultes n’ont souvent qu’un 1re ou 2e secondaire, mais ils peuvent avoir la fierté d’avoir fait un sentier. Si un jour tout prend feu, j’aurai au moins contribué à aider ces jeunes », confie-t-il.
Par contre, Frédéric avoue être un peu moins stimulé par l’aspect administratif de sa tâche. « Je n’aime pas tellement classer des factures et faire des rapports de subvention, mais ça ne me dérange pas de faire des montages financiers et de chercher de l’argent. »Il faut être un passionné pour donner envie aux gens de participer à un projet et pour dénicher des subventions. « S’il n’y a pas de passion, il n’y a pas de vente. »
Qualités recherchées
Que ce soit pour son rôle de directeur comme pour celui d’agent de développement écotouristique, Frédéric mise beaucoup sur son sens des responsabilités et sur sa capacité à analyser des problèmes et à déléguer les tâches aux bonnes personnes. « Plus tu as le sens de l’organisation, plus ça diminue ton stress, surtout avec une quarantaine de projets à gérer. Il faut aussi planifier pour être conséquent avec le développement, mais on est en milieu naturel… » Car il faut être débrouillard et savoir s’ajuster : s’il commence à neiger, Frédéric doit se plier aux humeurs du climat.
« Si jamais, pour une quelconque raison, je venais à quitter mon poste, ça prendrait quelqu’un de rassembleur, qui a du leadership, quelqu’un qui connaît aussi bien le terrain et que la paperasserie. Il faut aussi être à l’écoute des préoccupations des gens : on travaille avec les membres de la coopérative et les membres de soutien qui sont parfois propriétaires de terrains », explique-t-il. C’est pour cette raison que Frédéric soutient qu’il est essentiel d’avoir « du charisme, de savoir se faire aimer et surtout de savoir se faire comprendre » pour être à l’aise dans ce métier. Étant donné qu’il se garde le repérage sur le terrain, il doit aussi être en bonne forme physique. « Être en bonne santé, ce n’est pas essentiel, mais ça aide, c’est sûr! », confirme-t-il.
Formation
Sa formation, Frédéric l’a autant reçue à l’université que sur le terrain. Il a été de la première promotion du baccalauréat en plein air et tourisme d’aventure de l’Université du Québec à Chicoutimi. Il a aussi étudié la philosophie, la production vidéo et il suit actuellement un cours en administration. « La formation continue, c’est essentiel. Quand tu contrôles le savoir, tu contrôles tes fonctions et ton poste et ça te donne de nouvelles idées. N’importe quelle formation universitaire sert à éveiller l’esprit, à se faire un réseau de contacts et à avoir des modèles. Mes “chums” sont dans les parcs, on se parle, on échange sur ce qu’on fait », soutient Frédéric.
Le terrain, il s’y est frotté de près. « Je connais le terrain, je sais ce qui est bon. Je sais par exemple qu’on peut développer une activité de canot et quelle clientèle y participera. Si je n’avais pas guidé ces clientèles-là, je ne le saurais pas », lance Frédéric. « J’ai aussi travaillé dans le bois et je pense que c’est ce qui fait que les employés me respectent, parce que je connais leur réalité », commente-t-il.
Horaire et milieu de travail
« Mon horaire, ça ressemble à du 9 à 5. Par contre, je ne rentre pas nécessairement selon un horaire précis. Parfois, je travaille le soir ou la fin de semaine. » Selon un rythme qui s’ajuste au fil des saisons, Frédéric travaille toute l’année. « L’automne, je me consacre surtout au développement de projets et l’hiver est plutôt axé sur la recherche de financement. Puis, lorsque l’été arrive, il faut planifier la saison et gérer l’accueil de la clientèle. Je dois aussi être disponible pour répondre aux urgences. Ici, on accorde une grande importance à la sécurité. Si je ne suis pas dans la région, quelqu’un d’autre en est responsable. »
Frédéric consacre ses journées à faire de la gestion et de la planification au bureau. Les relations sociales sont au centre de son travail de gestionnaire. Il agit rarement sans avoir à collaborer avec les partenaires et les membres de la coopérative. Cependant, il avoue que son dada, c’est le travail de terrain. Il se garde environ une journée par semaine pour parcourir le territoire et y faire le suivi des projets. Lorsqu’on lui demande de quoi a l’air son milieu de travail, il répond, la voix chargée d’émotion : « Va voir, c’est beau! C’est un milieu naturel avec des fermes, ça donne un petit côté champêtre. Il y a du relief, beaucoup de montagnes et de falaises et de super belles chutes », complète-t-il, rêveur.
Rémunération
Frédéric dispose d’un contrat annuel qui lui alloue un même salaire chaque année. Un montant fixe lui est versé chaque semaine, peu importe le nombre d’heures qu’il fait. « Je dépasse souvent mes heures, mais j’essaie de ne pas m’épuiser non plus. Ici, c’est une coopérative de travail dont je fais moi-même partie. Tous les employés sont des membres-travailleurs et nous sommes fiers de ce que nous faisons. Les gens produisent ici deux fois plus rapidement que dans certains autres établissements. On fait rouler ça à huit employés : on est terriblement efficaces », confie-t-il.
« Ce n’est pas mon cas, mais le problème qu’on rencontre souvent dans ce métier, c’est que ça ne paie pas. Les gens se tannent donc et s’en vont », déplore Frédéric en parlant du métier d’agent de développement écotouristique. « Ça prend beaucoup de temps pour former un employé et pour qu’il soit vraiment à l’aise dans un poste comme ça, soit à peu près deux ans pour quelqu’un qui commence. Si j’avais à engager quelqu’un pour me succéder dans mon poste, je ne lui offrirais pas en bas de 40 000 $ par année. Mais c’est certain qu’il faut quelqu’un qui ait l’envergure pour gérer une coopérative avec une quarantaine de membres », soutient Frédéric, qui en sait quelque chose.
Défis et perspectives
Frédéric semble très confiant quant à l’avenir du plein air au Québec. « La nature est de plus en plus importante et elle l’est surtout depuis les années 1990. Comme les gens sont de plus en plus dans les bureaux, ça devient essentiel », précise-t-il. « C’est certain qu’il va y avoir des baisses d’intérêt et des modes. On essaie de diversifier nos produits pour avoir un peu de tout, garder un côté rustique, mais on n’a pas à craindre : la marche existe depuis des milliers d’années et les gens vont toujours marcher! » ajoute-t-il, convaincu.
Quant au métier d’agent de développement écotouristique, Frédéric pressent un futur de bon augure. « Il y a encore beaucoup de place pour les diplômés sur le marché de l’emploi. Dans ce domaine, il y a beaucoup de gens qui guident, mais c’est un métier physiquement et psychologiquement dur. Le développement écotouristique est un domaine très stimulant pour quelqu’un qui a envie d’un rythme de vie plus stable », souligne-t-il.
Conseils
À ceux qui voudraient suivre la trace de Frédéric sur les sentiers du développement écotouristique, ce dernier recommande de garder les pieds sur terre. « Il ne faut pas rêver en couleur. Il est important de toujours continuer à se former et à développer son réseau de contacts dans toutes sortes de domaines connexes. » Pour ceux qui veulent travailler longtemps dans le domaine du plein air, il recommande de suivre des cours d’administration. « Il faut savoir lire des états financiers, sinon c’est comme aller aux États-Unis et ne pas savoir parler anglais! », conclut Frédéric.
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