
Sébastien Fillion, contrôleur de qualité
Sébastien Fillion est un homme d’action qui n’a pas peur des nouvelles technologies. À 30 ans, il est l’un des plus jeunes cadres de la scierie Bois Daaquam, où il a commencé sa carrière comme contrôleur de qualité en 2002. Sébastien s’intéresse principalement à l’optimisation de l’ensemble des étapes et des procédés qui permettent la transformation de l’arbre en produits finis. Par diverses mesures et analyses, il cherche à atteindre le meilleur équilibre entre la qualité du produit et la productivité de la chaîne de transformation. C’est un défi constant. Travaillant en étroite collaboration avec l’équipe de production, Sébastien cherche à adapter et à perfectionner le fonctionnement d’engins hautement technologiques qui permettent la transformation du bois. Son principal objectif : obtenir le meilleur rendement possible.

Poste : |
Superviseur pour le département de la qualité et de l’optimisation |
Employeur : |
Bois Daaquam |
Localisation: |
Saint-Just-de-Bretenières (Chaudière-Appalaches) |
Fonctions : |
Maximiser le rendement de la chaîne de production pour obtenir une qualité optimale du produit; effectuer des tests sur les produits; détecter les causes des écarts de production et apporter les correctifs nécessaires; s’assurer du respect des normes de qualité; mener des études et des évaluations afin de contribuer au développement et à l’évolution des procédés de production. |

«Le contrôle de la qualité est un métier qui demande qu’on se dépasse constamment. (...) Pour être capable d’avoir un leadership positif et faciliter le changement, il faut être à l’écoute des autres »
Champs d’intérêt
C’est en forêt que Sébastien a eu la piqûre pour la transformation du bois. « Plus jeune, après avoir arrêté l’école, j’ai travaillé sur les camions forestiers. En forêt, c’est le milieu que j’aimais. J’ai été chanceux, j’ai rencontré des gens qui ont été capables de m’expliquer comment fonctionnaient les opérations forestières. C’est une belle suite logique qui passe par la récolte, le transport, la manutention et la transformation en usine. En contrôle de la qualité, tu participes à toutes ces étapes-là. C’est super intéressant de voir ce qu’il y a sur ton produit final par rapport à ce que tu as fait en forêt. »
C’est cette passion qui a ramené Sébastien sur les bancs d’école : « Quand j’ai commencé la technique en technologie de la transformation des produits forestiers, j’ai entendu dire que les entreprises avaient besoin de techniciens en contrôle de la qualité. Je savais qu’il y avait quelque chose qui m’intéressait là-dedans. J’ai fait un stage chez Bois Daaquam pendant mes études et ils m’ont engagé peu de temps après, en octobre 2002. J’ai été contrôleur pendant les trois premières années et je suis devenu superviseur du département de la qualité et de l’optimisation en novembre passé. J’ai pu me démarquer par les compétences que j’avais développées. »
Qualités recherchées
Le contrôleur de qualité occupe une place stratégique dans l’entreprise. « C’est un poste où il faut prendre ses responsabilités et savoir bien planifier. S’il n’y a pas un bon contrôle sur les opérations, il peut y avoir du déclassement. Le défi professionnel du contrôleur de qualité, c’est de rendre le travail de production cohérent en favorisant la meilleure qualité possible. C’est pas toujours facile du point de vue personnel, il faut vouloir aller au bout des choses et être persévérant. Il faut être attentif à ce qui se passe et être capable de faire une analyse globale de la situation en tenant compte d’un ensemble de facteurs. »
En dehors du contrôle de la qualité, la principale tâche du contrôleur est de favoriser l’innovation. « Quand on fait des études, il faut être rigoureux et précis dans nos mesures et nos analyses. Et une fois qu’on a déterminé ce qu’on veut améliorer, il faut mettre le monde de son bord. Il faut que tu sois capable de bien communiquer avec les autres membres de l’équipe. Il faut aussi convaincre nos supérieurs que notre idée est bonne et qu’elle va permettre d’améliorer la productivité de l’usine. Ça peut être un stress pour certaines personnes, mais moi ça ne m’a jamais empêché de dormir la nuit », soutient Sébastien. Lorsqu’il rencontre des embûches, le contrôleur de qualité doit aussi savoir garder son équipe motivée : « Pour être capable d’avoir un leadership positif et faciliter le changement, il faut être à l’écoute des autres », explique-t-il.
Formation
Pour devenir contrôleur de qualité, il est fortement suggéré de suivre le programme d’études collégiales en technologie de la transformation des produits forestiers. « La formation permet de travailler dans plusieurs domaines que ce soit en forêt, dans le sciage ou encore dans la deuxième transformation du bois. Les cours sont très cohérents, car ils ont été montés en fonction des besoins des industries. » Ce métier exige également un cours de classement des bois débités qui permet au contrôleur d’être au fait des normes à respecter. « C’est un cours d’un mois ou deux. Je l’ai fait pendant mes études et, tous les deux ans, il y a un inspecteur qui passe à l’usine pour un renouvellement de nos cartes. » Selon Sébastien, des connaissances supplémentaires en informatique, en programmation des optimiseurs, en gestion de personnel et en séchage du bois peuvent également permettre à un contrôleur de qualité d’être plus compétent dans son travail.
Horaire et milieu de travail
Le contrôleur de qualité travaille en moyenne de 40 à 50 heures par semaine. « L’horaire est assez régulier. Il y a deux horaires de travail chez Bois Daaquam. La faction de jour travaille de 7 h à 17 h pour une journée de 9 heures, et la journée du vendredi se termine à midi. La faction de soir travaille 10 heures par jour, du lundi au jeudi. Comme j’occupe un poste de cadre, mes heures supplémentaires ne sont pas payées, mais j’ai la possibilité de prendre une journée de congé de temps en temps. Je dois aussi demeurer disponible si jamais il y a une urgence majeure. C’est plus facile pour moi de revenir au travail le soir pour des urgences étant donné que mon appartement est situé près de l’usine. Ici, on est chanceux, l’usine ne roule pas la fin de semaine, alors je peux retourner chez moi à Québec. Mais c’est un pensez-y-bien, la plupart des emplois se déroulent en milieu rural. Ce n’est pas tout le monde qui est prêt à vivre ce rythme de vie-là. »
« Un contrôleur de qualité consacre environ 50 % de son temps au travail de bureau, le reste du temps étant passé en usine. Notre travail s’effectue donc principalement à l’intérieur et change peu d’une saison à l’autre. Seule la matière première va varier un peu, en fonction de la température. L’été, on peut faire un peu plus de travail dans la cour à bois, mais en général nos tâches se déroulent en usine. C’est un milieu de travail qui peut être bruyant et poussiéreux. » Le contrôleur de qualité passe aussi une bonne partie de son temps à développer des projets de recherche, à visiter d’autres usines et à faire des analyses devant son ordinateur. « On consacre aussi du temps pour maintenir une bonne communication avec les employés qui travaillent dans les postes clés de la chaîne de production, car ils sont sur la première ligne et leur travail contribue à favoriser la qualité de nos produits », souligne-t-il.
Rémunération
« Le salaire annuel d’un contrôleur de qualité est assez intéressant en général. » Selon différentes sources, un contrôleur de qualité compétent et expérimenté peut facilement atteindre des salaires annuels variant entre 40 000 $ et 50 000 $. « En moyenne, ceux qui commencent actuellement peuvent avoir 16 $ l’heure. Quand j’ai commencé en 2002, je gagnais 35 000 $ par année. Présentement, on peut espérer avoir un salaire de 40 000 $ en commençant. Et si on est déterminé, c’est aussi possible de viser un poste de cadre à plus long terme. Les salaires n’ont alors plus vraiment de limites déterminées », explique Sébastien.
Défis et perspectives
« Chez Bois Daaquam, on a trouvé important d’avoir un département de qualité et d’optimisation; ça nous semblait logique de faire le lien entre les deux. Ça nous permet d’avoir un meilleur contrôle sur la performance de nos opérations. Ça devient très important lorsque les conditions du marché sont défavorables. Dans un tel contexte, le technicien qui sait faire le contrôle de la qualité peut adapter les opérations de manière à augmenter la productivité dans l’utilisation de la matière première, favoriser des améliorations dans la technologie ou encore réduire la quantité de main-d’œuvre nécessaire pour poursuivre la production. »
Avec l’augmentation de la compétitivité au plan mondial, chaque usine a besoin de contrôleurs de qualité pour réguler la performance des opérations. « Il y a une demande actuellement, mais elle est un peu moins forte qu’elle pourrait l’être. Au cours des prochaines années, les nouveaux diplômés vont être appelés à raffiner les procédés de recyclage de la matière première, à favoriser l’adaptation aux nouvelles technologies et à poursuivre des recherches pour le développement de produits et de procédés permettant de réduire la consommation de matière première », souligne Sébastien. Il croit également que le lien entre les différentes étapes du procédé de transformation pourrait se resserrer en faveur d’un meilleur arrimage entre les usines et les opérations forestières qui se déroulent en forêt.
Conseils
« Le contrôle de la qualité est un métier qui demande qu’on se dépasse constamment. Il faut y aller à fond, c’est super intéressant pour quelqu’un qui a la volonté de s’établir là-dedans. Il y a beaucoup de défis à relever, on est appelé à apprendre régulièrement de nouvelles choses et c’est encore plus vrai dans le contexte très compétitif que l’on vit actuellement. Il n’y a jamais de fin aux améliorations qu’on peut apporter grâce à nos compétences et au travail d’équipe : la qualité d’un produit peut être constamment perfectionnée. Pour quelqu’un qui est intéressé par ce contexte et qui est prêt à s’investir, je n’ai aucune mise en garde à donner », conclut Sébastien, heureux d’avoir parcouru le chemin qui menait de la forêt à l’usine.
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