
Jean-Luc Montmigny, contremaître de production
Dans le vacarme des machines se promène un jeune homme décidé. S’arrêtant ici et là pour discuter avec les employés, Jean-Luc Montmigny prend le pouls de la scierie pour établir le programme de la journée. Jean-Luc travaille comme contremaître de la production pour la scierie Bois Daaquam : il est chargé d’accompagner et de superviser les employés dans l’atteinte des objectifs de l’usine. Homme aux multiples chapeaux, il accomplit des tâches aussi variées qu’essentielles à la productivité et à l’efficacité de la chaîne de transformation du bois.

Poste : |
Contremaître de production |
Employeur : |
Bois Daaquam |
Localisation: |
Saint-Just-de-Bretenières (Chaudière-Appalaches) |
Fonctions : |
Organiser, planifier, accompagner et contrôler les activités de transformation de l’usine : gérer l’horaire du personnel, assurer les remplacements, superviser l’entretien mécanique des équipements, s’occuper des programmes de santé et de sécurité, etc.; assurer un lien entre les travailleurs et la direction; faciliter l’atteinte des objectifs de productivité, de qualité et d’efficacité de l’usine. |

« Au quotidien, le défi du contremaître est d’atteindre les objectifs de production de l’usine. »
Champs d’intérêt
Jean-Luc se considère un peu comme l’homme à tout faire de l’usine. « Un contremaître, ça touche à tous les domaines. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains. Notre travail c’est de donner de l’aide à tous les travailleurs de la production pour s’assurer du bon fonctionnement de l’usine, toujours dans le but d’optimiser la production et de diminuer les pertes de temps. » Jean-Luc joue donc un rôle clé dans le bon roulement de l’usine et doit constamment avoir à l’œil le déroulement des opérations. « Parfois, je voudrais me concentrer sur une tâche, mais il faut que je continue à voir à ce qui se passe dans le reste de l’usine. »
« Quand j’ai fait mes études en technologie de la transformation des produits forestiers, je voulais devenir contrôleur de la qualité. Je n’ai jamais eu l’intention de devenir contremaître de production, je ne me pensais pas assez leader. Pourtant, lorsque j’ai commencé mon stage comme contremaître au planeur, j’ai su que j’étais fait pour ça. Ce n’est pas un travail routinier, on a toujours des surprises. Il faut être capable de rapidement prendre les problèmes en main. Le contremaître rentre une heure avant tout le monde pour avoir le temps de planifier la journée et donner ses recommandations aux employés. Le matin, tu t’assures que tu as tout ton monde. Tu regardes ce que la faction de nuit a fait et c’est aussi le temps de vérifier s’il y a des réparations à effectuer », souligne Jean-Luc, content de relever chaque jour de nouveaux défis.
Qualités recherchées
Avant toute chose, le contremaître de production est un bon leader. « C’est moi qui motive les employés et qui réorganise les opérations quand quelque chose brise. Il faut savoir planifier et organiser, tout en étant à l’écoute de l’équipe. Je dois aussi travailler en collaboration avec le contremaître de la faction de nuit : il faut qu’on marche ensemble, qu’il y ait une bonne communication, car c’est nous qui devons assurer le lien entre les employés et la direction. Un bon contremaître doit également être calme et patient. Il ne faut pas “pogner” les nerfs à la moindre petite affaire, il faut être positif et relever les défis qu’on rencontre. » Qu’on soit technicien ou ingénieur du bois, il est possible d’occuper un poste de contremaître. « Par contre, en tant que technicien, j’ai atteint le top que je pouvais atteindre tandis que l’ingénieur peut aller plus loin, il va avoir une connaissance plus fine des procédés », précise-t-il.
Formation
Le programme d’études collégiales en technologie de la transformation des produits forestiers ainsi que le programme coopératif de premier cycle universitaire en génie du bois peuvent tous deux mener à la pratique du métier de contremaître de production. « Certains contremaîtres peuvent obtenir ce poste après plusieurs années d’expérience sur la production, mais le cours en technologie de la transformation des produits forestiers m’a permis d’entrer directement à un poste de contremaître au planeur. Quand j’ai commencé, je n’avais aucune expérience. C’est un parcours ardu, mais ça se fait. » En général, il faut posséder plusieurs années d’expérience en supervision dans une usine de transformation du bois pour accéder au poste de contremaître. « La formation collégiale ou universitaire permet aussi de faire d’autres “jobs”. On peut travailler dans une scierie, une usine de panneaux, une usine de pâte à papier, faire du contrôle de qualité, de la recherche ou encore devenir superviseur d’un département. » Les finissants en génie du bois peuvent également aspirer à devenir un jour directeurs d’usine.
Horaire et milieu de travail
« L’usine, ce n’est pas un milieu tout le temps facile, il y a beaucoup de bruit et de poussière. Il faut aussi vouloir travailler de nuit parce qu’en commençant, il y a 90 % des chances qu’on travaille de nuit. Personnellement, ça fait cinq ans que je travaille ici et je suis maintenant sur un horaire de jour, mais j’ai commencé à travailler de nuit comme la plupart du monde. Mon horaire est assez stable contrairement à celui du contrôleur de qualité qui demande souvent des rotations de jour et de nuit. Je travaille du lundi matin au vendredi midi. Je fais généralement dix heures par jour pour un total de 45 à 50 heures par semaine. La fin de semaine, je reste disponible pour les remplacements, mais je rentre rarement pour des urgences. » Le contremaître de production travaille principalement à l’intérieur de l’usine, accompagnant et supervisant les travailleurs dans leurs tâches. « Il nous arrive parfois d’aller un peu à l’extérieur pour la gestion des approvisionnements, mais le gros de notre tâche se déroule en usine. Par contre, on travaille très peu au bureau : notre rôle, c’est plutôt d’être présents pour les employés sur le plancher. » La production nécessite également une étroite collaboration entre les travailleurs. « C’est un travail d’équipe. Il y a des gens qui pensent qu’une usine c’est plate et que c’est rempli de monde qui n’aiment pas leur emploi. Pourtant, on a beaucoup de plaisir avec le personnel de production. On a l’occasion de prendre du bon temps. Certains vont même à la chasse et à la pêche ensemble », raconte Jean-Luc.
Rémunération
Le salaire annuel d’un contremaître de production repose notamment sur son expérience, l’entreprise pour laquelle il travaille et les tâches dont il a la responsabilité. « On gagne un peu plus que sur la production. Les salaires annuels peuvent osciller entre 45 000 $ et 60 000 $. Un salaire nous est versé toutes les semaines. Chez Bois Daaquam, je suis payé pour 44 heures de travail par semaine, mais si je dépasse mon temps, mes heures supplémentaires ne sont pas rémunérées. Par contre, le coût des formations de perfectionnement, tout comme celui de nos équipements de sécurité, est défrayé par l’employeur », explique-t-il.
Défis et perspectives
« Au quotidien, le défi du contremaître est d’atteindre les objectifs de production de l’usine. On n’est pas tout le temps personnellement responsable de ce qui se passe, mais c’est souvent nous qui sommes visés en premier en tant que contremaître. L’autre grand défi, c’est de s’adapter à de nouvelles machines. J’adore ça. Toutes les cinq minutes, j’ai des appels sur la radio, mais je ne sais généralement pas plus que les gars de la production ce qu’il faut faire. C’est tout un travail d’équipe. Plus ça va, plus il faut être prêt à travailler avec des nouvelles technologies. Chez Bois Daaquam, on a encore beaucoup d’employés qui font un travail manuel, mais il faut s’attendre à ce que la relève s’en aille plutôt vers des métiers plus axés sur la technologie. »
Selon Jean-Luc, les perspectives d’emploi comme contremaître de production devraient être assez intéressantes dans l’avenir. Par contre, il faut être patient et être prêt à prendre sa place. « Des gars responsables à qui on peut faire confiance pour assurer ce genre de position, il n’y en a pas tellement. Ça prend un minimum d’expérience et une bonne vision du procédé. Il ne faut pas avoir peur d’attendre quelques années pour obtenir les conditions que l’on veut. Ça peut aussi être intéressant d’aller chercher d’autres spécialisations en santé-sécurité ou en gestion du personnel », suggère Jean-Luc.
Conseils
« C’est important de commencer graduellement et de ne pas imposer aux gens une manière de faire les choses. Même lorsque tu parles à l’employé qui occupe le dernier rang dans la compagnie, c’est essentiel d’être à l’écoute. Il faut que tu saches trouver les bons arguments pour faire valoir ton point de vue, mais on fait avant tout un travail d’équipe. Quand j’ai commencé au début, j’avais peur d’être mal vu, mais j’ai été agréablement surpris de la réaction des employés. Ils m’ont dit : “On fait une job de production. Toi, t’es peut-être pas capable de faire notre travail, mais on n’est pas plus capable de faire le tien. T’as étudié là-dedans, on te fait confiance.” », relate Jean-Luc, qui a su prendre la place qui lui revenait au sein de son équipe.
Retour aux métiers


|